Samuel Bekissa \ Photographe

Mon approche est minimaliste.

Non, je n’aime pas les zooms, qui sous couvert de nous apporter la polyvalence nous mène irrémédiablement à la paresse physique et intellectuelle. Je travaille donc exclusivement avec des focales fixes. Le sac que j’emmène est toujours le plus léger possible. Deux voire trois objectifs au maximum, ou parfois juste un 50mm. Je me contraints pour être libre. Oublier le matériel, être capable d’envisager la photo finale avant même d’avoir mis l’œil au viseur. Observer et anticiper.

Alors oui, je n’utilise que très peu le flash en reportage, et oui mes photos sont un peu plus bruitées, mais ce trait de lumière que j’ai aperçu sur votre visage fera toute la différence et ne sera pas étouffée par cet artifice. J’aime les flashs qui créent, qui sculptent la lumière, pas ceux qui viennent  compléter une lumière existante pour secourir un matériel aux abois.

Non, je n’ai pas honte de proposer des prestations argentiques au 21ème siècle. Je suis de la génération vinyle. Mon attachement aux procédés analogiques est profond et sincère. Je leur trouve une présence, une véritable incarnation tout en nuance et en subtilité, à contre-courant du rendu parfois trop chirurgical et aseptisé du numérique. La pratique de l’argentique pourrait s’apparenter au mouvement slow photography, déclencher moins et privilégier la qualité.

Alors oui, quel que soit le procédé choisi, la technologie doit rester au service de la beauté et de l’art. Beaucoup de photos en disent trop, elles sont prêtes à consommer. On les digère et on les oublie rapidement. Je leurs préfère celles qui gardent une part de mystère, qui suscitent l’interrogation. Je ne vous livrerai pas La Réalité d’un instant dont la vraisemblance n’aurait qu’une apparence de banalité, mais plutôt ma perception onirique, une vision transcendée par la lumière.

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